
Chaque 28 mai, le monde célèbre la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, une occasion de sensibiliser sur l’importance de l’accès des femmes et des jeunes filles à des conditions menstruelles dignes, sécurisées et hygiéniques.
Au Sud-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, cette journée prend une dimension particulièrement préoccupante au regard des souffrances que traversent des milliers de femmes déplacées internes et réfugiées vivant dans des conditions humanitaires extrêmement difficiles.
Dans plusieurs sites accueillant des déplacés de guerre autour de Bukavu ainsi que dans différentes zones affectées par l’insécurité, de nombreuses femmes et adolescentes peinent à accéder aux produits hygiéniques de base nécessaires pendant leurs périodes menstruelles. La guerre, les déplacements forcés, la pauvreté et l’absence d’assistance suffisante aggravent davantage leur vulnérabilité.
Certaines femmes déplacées sont contraintes d’utiliser des morceaux de tissus usés, des éponges improvisées ou d’autres matériaux non adaptés, faute de moyens pour se procurer des serviettes hygiéniques. Cette situation expose plusieurs d’entre elles à des infections, à des complications sanitaires ainsi qu’à des atteintes à leur dignité.
Dans les camps de réfugiés à l’extérieur du pays comme dans les sites de déplacés internes à l’Est de la RDC, l’accès limité à l’eau potable et aux installations sanitaires adéquates rend encore plus difficile la gestion de l’hygiène menstruelle. Plusieurs organisations humanitaires alertent régulièrement sur le manque de kits hygiéniques destinés aux femmes et aux jeunes filles vivant dans ces zones de crise.
Au Sud-Kivu, des acteurs sociaux et humanitaires estiment que la question de l’hygiène menstruelle devrait être considérée comme une priorité humanitaire au même titre que l’alimentation, les soins médicaux ou l’accès à l’eau potable. Ils appellent les autorités, les partenaires humanitaires et les organisations de défense des droits des femmes à renforcer les mécanismes d’assistance en faveur des femmes affectées par les conflits.
Au-delà des besoins matériels, cette journée rappelle également l’importance de lutter contre les tabous et les discriminations liés aux menstruations. Dans plusieurs communautés, des jeunes filles continuent d’abandonner l’école ou de s’isoler pendant leurs périodes menstruelles par manque de protections hygiéniques et d’informations adaptées.
En cette Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, plusieurs voix s’élèvent au Sud-Kivu pour demander une réponse humanitaire plus inclusive et durable afin de garantir aux femmes déplacées et réfugiées congolaises le droit fondamental à l’hygiène, à la santé et à la dignité.
Alvin BUZAKI



